Le Mali perd le contrôle de la région de Kidal en 2012 puis en 2014. En 2023 et 2026, la région est de retour dans le giron national. Le message est clair : aucun centimètre du vaste territoire légué de génération en génération, ne sera cédé ou abandonné. Un serment à défendre au prix du sacrifice ultime.
En 2012, le Mali subit une invasion de groupes armés venus de la Lybie, sur son territoire, trouvant un pays déjà fragilisé par des conflits récurrents sur fond de velléités indépendantistes. Face aux capacités armées adverses, l’Etat malien abandonne son vaste espace septentrional. Ainsi, débuta une crise sécuritaire profonde. En 2013, les autorités de la Transition installées suite au renversement du régime du Président Amadou Toumani Touré, sollicitent une intervention aérienne de l’armée française. Ceci, dans le but de stopper un « mouvement massif de groupes djihadistes en progression vers le centre et le sud du pays ». Aussitôt, l’armée française offre un appui aérien puis s’installe avec des troupes au sol, quelques mois plus tard. Aux côtés des forces armées françaises, l’armée malienne se lance à la reconquête des régions du Nord. Tombouctou puis Gao, respectivement sixième et septième régions administratives, retombent sous le contrôle de l’Etat. Sauf Kidal où l’armée nationale est éconduite aux portes de la huitième région administrative par leurs alliés français.
En 2013, les autorités d’alors s’engagent à organiser des élections présidentielles qui consacraient un début de « retour à l’ordre constitutionnel normal ». Sous la supervision de la ‘’communauté internationale’’, un accord de cessez-le-feu est conclu entre l’Etat et les groupes armés présents à Kidal. Cantonnée et sans véritable pouvoir, l’armée malienne reprend pour ainsi dire, pieds à Kidal. Mais pour ensuite y ressortir en 2014, à la suite d’une visite d’autorité de l’Etat malien conduite par le Premier ministre de l’époque, Moussa Mara. Laquelle visite a occasionné de violents combats entre les troupes régulières et les groupes armés. Une longue période d’absence s’en est suivie, jusqu’à l’avènement en 2021, de l’actuel pouvoir de la Transition.
En novembre 2023, c’est une armée rebâtie, désormais renforcée et super équipée, accompagnée de leurs alliés russes, qui reconquiert le territoire de la huitième région administrative du pays. Un succès retentissant salué à travers le pays et le continent, signe de l’affirmation de la souveraineté de l’Etat sur l’ensemble de son territoire. Puis, interviennent les évènements du 25 avril 2026. Le pays est frappé d’une attaque complexe et violente sur plusieurs pans de son territoire, dont la région de Kidal. Face à la densité de l’attaque mais sans perdre sa maîtrise du terrain, l’armée réarticule son dispositif à l’intérieur de la région, pour se positionner dans les localités stratégiques d’Anefif et d’Aguel-hoc. Et ce 06 octobre 2026, après cinq mois couronnés d’opérations régulières pour reprendre le contrôle entier de la localité, l’armée malienne s’installe en maître des lieux, à Kidal.
Une leçon dispensée en silence
« Chaque génération, doit dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir », disait Frantz Fanon. L’une des missions de notre génération et de celles d’après, consistera à préserver l’intégrité du territoire, tel que légué par nos devanciers. L’héritage est sacré. Ce que l’aïeul ne fut pas, son successeur ne doit pas l’être. Ce que l’aïeul préserva et légua, le successeur à son tour, doit rendre la pareille, à la génération suivante. Les biens et les valeurs se lèguent ainsi. Et sont-elles à préserver jalousement, avec dignité et honneur, de génération en génération. Le Malien a la chance d’hériter d’une immensité territoriale acquise par les générations précédentes et léguée à travers les siècles. Il s’agit pour chaque enfant du terroir, de défendre et sauvegarder ce legs contre tous ceux qui le lorgnent et aspirent à s’en approprier une partie ou l’intégralité.
Une mission sacrée
La Constitution du 22 juillet 2023 se montre intransigeant quant aux aspects de défense et de préservation de l’intégrité territoriale du pays. En son article 41, elle dispose que : « l’Etat ne peut céder aucune parcelle du territoire ni renoncer à aucun des droits souverains qu’il exerce sur celui-ci. […] ». Mais pour ce faire, faut-il avoir un outil de défense à la hauteur des défis. C’est bien pourquoi l’article 93 enchérit : « l’Etat veille à ce que les Forces Armées et de Sécurité, disposent, en permanence, de capacités en ressources humaines et en moyens matériels nécessaires pour accomplir leurs missions […]. » Il n’y a pas de hasard. Plus que jamais, la défense de l’intégrité territoriale du pays est élevée en mission constitutionnelle. En ramenant la terre de Kidal dans le giron national une fois de plus, l’Etat démontre son respect envers une disposition constitutionnelle. Et l’enseignement à en tirer, est clair : autant de fois que nécessaire, le Mali se battra pour chaque terre que d’aucuns voudraient l’arracher, pour des raisons qu’ils savent.
Kalux FM
