La salle de réunion du Ministère du travail, de la fonction publique et du dialogue social, a abrité le mardi 16 juin 2026, la cérémonie de lancement du projet intitulé : « Eradication du travail des enfants et promotion de la résilience économique des populations dans la région de Ségou, Mali. » Elle a eu lieu en présence du ministre du travail, de la fonction publique et du dialogue social, Dr Fassoum Coulibaly, de l’Ambassadeur de la République du Japon au Mali, Monsieur Yukuo Murata, du Représentant de l’Organisation internationale du travail, Monsieur Minoru Ogasawara ainsi que du Directeur pays de Sasakawa Africa Association (SAA), Monsieur Baou Diané.
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| (G à D) M. Baou Diané (Sasakawa Africa Association), Dr Fassoum Coulibaly (Ministre du Travail) et S.E.M. Yukuo Murata (Ambassadeur du Japon au Mali). |
Un programme de douze mois, financé par l’Ambassade du Japon au Mali, par l’intermédiaire de son ministère des affaires étrangères, entend protéger les enfants des travaux dangereux tout en consolidant les moyens de subsistance des familles agricoles les plus exposées aux chocs climatiques. Porté par l’Organisation internationale du Travail (OIT), en partenariat avec la Sasakawa Africa Association (SAA), ce projet de coopération internationale entend conjuguer la lutte contre le travail des enfants et le renforcement de la résilience économique des ménages vulnérables à Ségou, dans la quatrième région administrative du Mali.
Selon les porteurs dudit projet, la région de Ségou cumule plusieurs fragilités qui se renforcent mutuellement. La pauvreté rurale, les déplacements internes et les chocs climatiques répétés, exposent les ménages à des stratégies de survie précaires, au premier rang desquelles figure le recours au travail des enfants.
L’Organisation internationale du travail définit le travail des enfants comme
« un ensemble d’activités qui privent les enfants de leur enfance, leur potentiel et leur dignité, et nuisent à leur scolarité, santé, développement physique et mental. » Un enfant, toujours selon l’OIT est « tout être humain âgé de moins de dix-huit ans ».
Selon des données de l’OIT recensées en 2020, sur 7 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans, 2,5 millions exercent une activité économique, dont 1,7 millions dans des conditions de travail dangereuses. 75% des enfants qui travaillent sont âgés de 5 à 14 ans et 25% de 15 à 17 ans. Dans son discours, l’ambassadeur de la République du Japon au Mali, Monsieur Yukuo Murata, dira que :
« dans la région de Ségou, les ménages cultivant le coton et le riz comptent fortement sur la main-d’œuvre familiale pour faire face aux pics de production saisonniers, ce qui les conduit souvent à recourir davantage aux enfants. Ces enfants travaillent de longues heures, bien au-delà des limites fixées par la législation nationale et ne reçoivent parfois que peu ou pas de rémunération. » Au regard d’une telle situation, le moyen le plus efficace d’éradiquer le travail des enfants est de lutter contre la pauvreté, d’assurer un développement socio-économique durable et d’améliorer l’accès et la qualité de l’éducation. C’est bien pourquoi le Japon a financé le projet « Eradication du travail des enfants et promotion de la résilience économique des populations dans la région de Ségou, Mali. »
Des objectifs précis et des résultats concrets attendus
Monsieur Baou Diané, directeur pays de la SAA, a présente le projet en expliquant qu’il poursuit un impact global, à savoir la réduction du travail des enfants au sein des communautés agricoles de la région de Ségou :
« Comme objectifs spécifiques, il vise l’amélioration des revenus et de la sécurité alimentaire des ménages bénéficiaires (40 ménages ciblés dont 20 dirigés par des femmes, 280 membres de ménages en bénéficieront indirectement, dont environ 160 enfants qui seront protégés contre le travail des enfants) ; la protection accrue des enfants, à travers une scolarisation renforcée et une réduction des tâches dangereuses qui leur sont confiées ; et le troisième objectif porte sur le renforcement de la résilience des populations face aux chocs climatiques, dans un contexte où la variabilité des saisons agricoles fragilise durablement les moyens de subsistance ».
Concrètement, résumera pour sa part le Représentant de l’organisation internationale du travail (OIT), Monsieur Minoru Ogasawara, le projet soutiendra
« l’amélioration des pratiques agricoles, l’adoption de techniques plus résilientes face au changement climatique, l’introduction d’une mécanisation légère, l’accès à des intrants et outils adaptés, le renforcement des coopératives, ainsi que l’amélioration de l’accès aux marchés et à chaînes de valeur équitables. »
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| Monsieur Minoru Ogasawara, Représentant de l’Organisation internationale du travail (OIT). |
Un projet dans la continuité des priorités nationales
Le ministre du travail, de la fonction publique et du dialogue social, Dr Fassoum Coulibaly, a tenu à saluer la pertinence de ce projet, qui s’inscrit pleinement dans les priorités nationales du Mali en matière de lutte contre la pauvreté, de travail décent et de lutte contre le travail des enfants :
« cette cohérence garantit que les résultats du projet contribueront directement aux efforts du gouvernement en matière de protection sociale, de création d’emplois décents, de développement rural durable et d’élimination progressive du travail des enfants », dira-t-il.
C’est sur des notes d’espoir que le ministre a souhaité un bon vent à ce nouveau projet, fruit des liens d’amitié et de coopération féconde entre le Mali et le Japon.
Lamissa Diarra


